jeudi 29 janvier 2015

Santa Croce in Gerusalemme et le Musée des instruments de musique

 

  Santa Croce, la Sainte Croix : cette église a pour figure majeure celle de la crucifixion, tandis que Santa Maria Maggiore nous parle de la nativité et Saint-Jean de Latran de la résurrection. Elle est bâtie sur le Palais Sessoriano, le palais des Sévère, achevé par Héliogabale, qui fut la dernière des résidences des Empereurs romains à Rome.

   La façade actuelle, de Domenico Gregorini, date du XVIIème siècle. L’association du concave et du convexe est tout à fait caractéristique de Borromini. Mais on a affaire à un « baroque épuré » (si ces deux termes peuvent être accolés) qui annonce déjà, très clairement, le néoclassicisme. Les grands excès architecturaux sont passés de saison ; arrive une certaine mise au pas des formes qui les rend, du coup, plus tristes. Ce genre d’ouvrage « de transition » a en tout cas le mérite de se lire comme une page descriptive de l’histoire de l’architecture.

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     Par rapport à la plupart des églises de Rome, saturées d’oeuvres d’art, Santa Croce in Gerusalemme apparaît plutôt sobre. C’est ce qui frappe lorsqu’on y entre : l’impression de solennité et de sérieux. Il ne s’agit pas d’impressionner mais de permettre à la vie spirituelle de trouver ses marques. Une dimension humaniste se fait remarquer dans cette architecture.

 

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  Ce qui est remarquable surtout dans cette église, c’est la fresque de la cuvette absidiale (catino absidiale) attribuée à Antoniazzo Romano et à Marco Palmezzano, tous deux influencés par Melozzo da Forli’. Malheureusement, avec la présence du baldaquin, il n’est pas vraiment d’endroit d’où l’on puisse vraiment photographier cette fresque qui représente une suite de scènes juxtaposées de la vie du Christ. Partant de Jérusalem, celui-ci arrive à Rome : on voit clairement le message et le lien que les auteurs ont voulu établir entre les deux villes, pour la plus grande gloire de Dieu ou plus exactement de ses représentants sur terre.

 

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     L’appellation de « sainte Croix » fait référence aux reliques qui auraient été rapportées de Terre Sainte par l’Impératrice Hélène, mère de Constantin. La Légende Dorée, de Jacques de Varaigne, rapporte cet épisode en indiquant qu’à l’époque le Golgotha avait été recouvert de temples païens et que ce n’est qu’au prix de la démolition de ceux-ci que la Croix a pu être retrouvée. Encore qu’il y avait alors non pas une mais trois croix (à cause des deux larrons suppliciés en même temps que le Christ). Pour les départager, en quelque sorte, on les présenta successivement auprès d’un malade grave ; lorsque celui-ci fut guéri, on sut immédiatement quelle était la « bonne » croix. Nous savons, nous, aujourd’hui ce qu’il faut penser du texte de Jacques de Voragine sur le plan de la vérité historique. Ce n’est pas pour rien que l’expression « Légende dorée » est aujourd’hui synonyme d’un embellissement exalté de la réalité. Outre la Croix, il y a également ici, dans la chapelle reliquaire, une épine de la Sainte Couronne. Après celle d’Adria (qui présente la fonctionnalité supplémentaire de saigner de temps en temps) c’est donc la seconde que nous voyons en Italie.

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   Tout à côté de Santa Croce in Gerusalemme - et nous avions d’ailleurs commencé par là notre visite - se trouve le Musée des instruments de musique anciens. Belle collection, conservée le mieux possible, mais pas réellement mise en valeur. On est loin de l’interactivité des grands musées d’aujourd’hui. Impossible par exemple de se rendre compte par un schéma du mécanisme d’actionnement des cordes dans l’épinette. Mais nous pouvons admirer par contre ce très bel olifant en ivoire, l’un des premiers connus - et, bien sûr, le fameux cor de Roland devait avoir cette forme et non pas ressembler à un cor de chasse ainsi que certaines images tardives ont pu nous le laisser accroire.

 

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   On y admire aussi des instruments quelque peu oubliés, mais qui eurent leur heure de gloire, comme le psaltérion.

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      Et puis, bien sûr, ce qui est pour nous le must, ce qui nous rappelle notre fils, la mandoline. Je ne résiste pas au plaisir de conclure ce blog par deux images : une mandoline XVIIIème présentée dans une vitrine du musée, et un tableau représentant un joueur de cet instrument participant à des réjouissances musicales de salon, exposé lui aussi dans le musée.

  

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