Cherchons bien la ressemblance avec "notre" Ponia à nous, qui fut un très giscardien ministre de l'intérieur. Sur le tableau, nous avons Stanislas Poniatowski, également apparenté à la famille du roi de Pologne (il en était le neveu), acheteur de la villa romaine à laquelle il a donné son nom. Sa transformation par Valadier (oui, le célèbre architecte de la piazza del Popolo) en fit une oeuvre néo-classique.
A l'origine, la villa avait été construite pour le Jules III (Gianmaria Ciocchi del Monte), pape prévaricateur (si une telle expression n'est pas pléonastique pour l'époque), mais grand mécène et amateur d'arts. Il fut aussi le promoteur du Concile de Trente et l'initiateur, par conséquent, de la Contre-Réforme que ses successeurs allaient parachever. Cependant, les affaires ecclésiastiques l'ennuyaient prodigieusement ; il préférait se réfugier dans cette "Villa Giulia" qu'il avait fait bâtir et s'y livrer à ses plaisirs : la Bibliothèque, la musique, d'autres plaisirs sans doute, sinon moins avouables, en tout cas moins "ecclésiastiques", au point qu'un des successeurs de notre Pape, le Napolitain Paul IV (Caraffa), procéda à la confiscation de la Villa Giulia, arguant du fait - pas tout à fait faux sans doute - qu'elle avait été transformée en bordel.
Aujourd'hui la visite de la villa Poniatowski laisse une impression mitigée. On a retrouvé les fresques du XVIème siècle sous les restaurations (en particulier la création d'un faux-plafond moderne, voûté) de Valadier. Les salles abritent une toute petite partie des collections du magnifique Musée étrusque voisin de la Villa Giulia. Mais les jardins n'ont pas été conservés dans leur intégrité. Une partie est devenue un "Circolo sportivo", les espaces ont été amputés, dénaturés. On a beaucoup de mal à "sentir" l'atmosphère de luxe et de plaisirs qui régna en ces lieux, aménagés avec goût et talent pour répondre à ce seul objectif. Soyons positifs : c'est l'occasion de se rappeler qu'il y a bien d'autres lieux à Rome où la plongée dans le passé fastueux des Papes de la Renaissance s'avère plus facile, plus immédiatement accessible. La Villa Médicis, bien sûr, et bien d'autres aussi. Nous en reparlerons.
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